Quilles de berger et caselles du Lévézou

Quilles, pour leur forme… de berger, pour évoquer certains de leurs constructeurs… et du Lévézou, arête montagneuse qui s’étire du Mont Seigne (commune de Saint-Laurent du Lévézou) au relais de Candadès et au Puèg del Leveson (communes de Montjaux et du Viala-du-Tarn). Pour la commune de Montjaux, elles se concentrent autour du Puèg del Leveson (altitude 1083 mètres) et du Puèg Guilhem (altitude 1043 mètres). Dans les mêmes terroirs, on découvre également quelques caselles dans les anciens parcours de pâturage. Plus bas, dans les châtaigneraies, quelques caselles de schiste subsistent encore mais on ne trouve plus de quilles...

Les deux Lunes de Marzials

« Il fut un temps où, les chemins de fer n'existant pas et les meilleures routes étant mauvaises, tousles transports en dehors des pays plats se faisaient à dos de mulet » (Mazon 1888, p.79).

Jeanine Gayraud Ligou puis sa fille Valérie Ligou ont bien voulu me confier, pour étude, deux plaques muletièresen laiton autrement appelées lunes, « lunas » en occitan. Qu’elles en soient remerciées.

Ces plaques ont été soigneusement conservées depuis plusieurs générations par la famille Gayraud de Marzials qui possède une maison incluse dans la deuxième enceinte fortifiée (15e siècle) du village. Cette maison a été restaurée au fil des générations et dès 1807 par Louis Gayraud...

Les empreintes de dinosaures du communal de montgisty, sur le causse rouge

Le Causse de Montgisty, comme nous, habitants de la commune de Montjaux l’appelons, constitue la partie la plus occidentale du Causse Rouge qui s’étend du nord de la commune de Verrières jusqu’à Candas. Le Causse Rouge est limité à l’est et au sud par le Lumensonesque puis le Tarn. Il est séparé du Lévézou par la vallée de la Muse.

La partie du Causse Rouge comprise dans le territoire de notre commune est composé, près de la limite avec la commune de Castelnau, de calcaires du Sinémurien (de 190 à 199 millions d’années), très riches en fer, qui en se dissolvant sous l’effet de l’érosion ont laissé des argiles rougeâtres qui ont donné le nom de Causse Rouge...

Les dolmens de la commune

Les dolmens ont de tout temps éveillé la curiosité. Ils ont parfois donné naissance à des légendes ou fait naître des croyances. Mais tout d’abord qu’est-ce qu’un dolmen, qui les a construits et de quand datent-ils ?

Les dolmens sont des sépultures collectives utilisées par une même communauté. Monuments majestueux, ils sont aussi une façon pour leurs constructeurs de marquer et s’approprier un territoire. Les grottes et les tumulus sont également utilisés comme sépulture.

On ne voit souvent, de nos jours, que la structure interne du dolmen : ses montants et sa table. Mais à l’origine, cette structure était cachée, totalement ou en partie par des amoncellements de pierres organisés et bloqués par des murettes. Certains comportaient de véritables couloirs d’accès. Les « clapas » ont bien souvent disparu, ne laissant voir que le « squelette » du dolmen...

Les pressoirs de la commune

Les pressoirs ou contrepoids de pressoirs en grès sont nombreux dans les secteurs gréseux du sud-Aveyron mais la seule commune de Montjaux concentrequatre pressoirs dont un double et neuf contrepoids y sont signalés par Louis Balsan en 1957. Ils sont parfois à l’origine de lieux-dits, « lo truel » ou « truel », signifiant pressoir en occitan (par exemple, « Lo Truel » entre les ravins du Pouget et celui de Matarou dans la vallée de la Muse).

Les maies de ces pressoirs sont taillées soit dans des affleurements de grès comme celui de Marzials n°2 ou celui des Collegeats ou bien dans d’énormes blocs de grès détachés par l’érosion comme celui de Marzials n°1 ou bien le pressoir double d’Ayguebonne. Ces maies sont donc restées en place, là où elles ont été taillées...

Les lieux fortifiés de la commune

Le territoire de la commune de Montjaux est riche de nombreuses traces de sites fortifiés. Lors de plusieurs périodes préhistoriques et historiques, les populations ont éprouvé le besoin de se protéger, elles et leurs biens, en élevant des fortifications. Mais plusieurs types de fortifications sont présents dans la commune : ce sont les tours seigneuriales ou châteaux médiévaux qui, s’ils ont permis aux populations de se protéger en cas de troubles, ont également permis aux aristocrates de se protéger eux et leur famille et d’asseoir leur pouvoir sur un territoire et ses habitants. Nous allons présenter ces différents sites en suivant, autant que possible, un ordre chronologique (hormis pour le site du Castel Viel dont l’occupation va de 700 ans avant notre ère jusqu’au XVIIIème siècle).

L’enceinte de la Serre del Devez près de Concoules ou « lo castèl de Ròcagel »

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La tour seigneuriale de Marzials devenue clocher et les deux enceintes villageoises

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La tour seigneuriale de Roquetaillade et le réduit villageois

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La tour seigneuriale de Montjaux et l’enceinte du village

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En guise de synthèse… provisoire !

A chaque période troublée ou tout simplement pour protéger les leurs et leurs biens, les Hommes ont su aménager des sites naturels ou construire des abris sûrs. Les communautés humaines qui ont peuplé et aménagé ce qui est devenu le territoire de la commune de Montjaux n’ont pas manqué de marquer le paysage de ces travaux. Ils ont dû leur demander beaucoup d’efforts physiques et matériels pour y parvenir.
D’autres fortifications, tours et châteaux seigneuriaux, ont bien sûr servi, parfois, à la défense collective. Mais ils ont également été le symbole de la domination de familles aristocrates. Ils ont en quelque sorte représenté leur pouvoir même lorsque ces familles ne résidaient pas ou pas toujours dans ces lieux.
Certains de ces vestiges, plus ou moins bien conservés, sont parvenus jusqu’à nous. Espérons que nous saurons les préserver encore longtemps afin qu’ils parlent encore à nos successeurs et racontent, à leur façon, la vie d’un monde disparu.

Remerciements

A toutes celles et ceux qui, soucieux du patrimoine de la commune de Montjaux, œuvrent pour sa sauvegarde et sa connaissance. Des efforts individuels à ceux des collectivités, des initiatives discrètes à celles plus connues, tout concourt à donner du sens au pays qui nous abrite et à transmettre aux générations à venir des sites à voir et à étudier, qu’ils soient modestes ou grandioses. A Jérôme Belmon pour ses informations argumentées et éclairées sur l’évolution Malvas/Montjaux.

Alain Bernat, Marzials